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Notes de Louis Lardoux
Melesse pendant la guerre
La vie à Melesse en 1940
   


-Au printemps 1940, les colonnes du journal l’Ouest Eclair présentent des alinéas portants la mention : passage censuré.

-L’essence et le pétrole lampant sont de plus en plus difficiles à trouver dans le commerce, les lampes à carbure sont recherchées pour éclairer les logements.
-Par crainte d’attaque aérienne, le camouflage des lumières est de plus en plus rigoureux, dès la tombée du jour, les vitres des fenêtres doivent être munies de volets hermétiques ou peintes en bleu.

-Pour les phares des véhicules, il en est de même, seule une bande horizontale de lumière est autorisée ; celle-ci est de un centimètre de hauteur sur quatre de largeur pour les bicyclettes, la signalisation arrière des cyclistes exige de peindre en blanc le garde-boue arrière sur une longueur de quarante centimètres.

-Vers la fin du mois de mai, des familles de réfugiés représentant deux cent quatre vingt personnes d’après les documents consultés en Mairie, arrivent dans la commune.
Ces familles, originaires des départements du nord de la France, ont abandonné leur domicile pour fuir devant l’armée allemande. Nous nous souvenons particulièrement des familles Darras, Letheu, Lorquin, Devilers, Lebèque, Hill, Dussard, Story, Dollé, Fourny, Levasseur et Lefèvre.
Certains ménages sont logés au château des Milleries, d’autres dans des maisons libres, à la Grand’maison et rue des Moulins, ainsi que chez des ménages qui se sont un peu plus serrés. Dans des courriers adressés à la Mairie, plusieurs familles déplorent la vétusté et le manque de confort des locaux mis à leur disposition et particulièrement le manque d’appareils de cuisson, venant du pays du charbon, ils savaient mal utiliser nos cheminées.
-Quatre jeunes se sont mariés, par la suite avec des Melessiens.

-Les conscrits nés le premier trimestre de 1920 sont mobilisés dans des camps de jeunesse.

-La bataille de Dunkerque a fait trois victimes de Melesse : Alfred Brégeon 31ans père de famille, agriculteur aux Bréjons et l’abbé Alfred Pontrucher professeur tués ensemble le 29 mai et Albert Guihard 30 ans père de famille, agriculteur aux Guerches le 3 juin.

-Au début de juin 1940 Joseph Bénis commerçant a dû livrer un camion réquisitionné au champ de Courses à Rennes.

-Pendant ce temps, les communiqués des journaux annoncent la résistance de l’armée, et même certains jours, l’ennemi a été repoussé avec de lourdes pertes.

-Vers le 15 juin, c’est le grand exode, les routes sont envahies de véhicules de toutes sortes : camions, autos, voitures hippomobiles, charrettes, bicyclettes, chargés de literie et de toutes sortes d’objets sauvés à la hâte.

-A coté de ces familles, des soldats privés de commandement, tentent de regagner leur domicile.
-Le 17 juin dans la matinée, à Rennes, le bombardement d’un train de munitions garé dans la plaine de Baud, près de trains de réfugiés et de soldats aurait fait deux milles morts.

-Pendant que continuent les explosions en gare de Rennes, à Millé, un soldat anglais avec un petit chien venant de Betton essaie de regagner St Malo, à pied.
-Dans la soirée de ce jour, à la gare de St Germain, avec la complicité du chef de gare les agriculteurs du quartier équipés de chevaux et charrettes ont déchargé les wagons chargés de bidons de cinquante litres d’essence pour les stocker sous des meules de fagots.

-Les nuits suivantes ont connu une activité intense, des soldats isolés ou par groupes de deux ou trois essayent de progresser vers leurs maisons en évitant les patrouilles allemandes qui sillonnent les routes. Ceux qui ont réussi à s'enfuir, ont évité la captivité.
-La route Rennes St Malo étant particulièrement surveillée, il était illusoire de tenter de la traverser en tenue militaire.

-Comme certains de nos voisins, mes parents ont donné des vêtements civils à deux soldats qui après un bon repas ont pu regagner leur domicile à Chavagne et Mordelles.

-L’arrivée des troupes allemandes a été source d’angoisse, particulièrement pour les grands-mères qui avaient eu leur famille meurtrie par la guerre précédante.

-L’entrée des premiers side-cars allemands à Melesse aurait pu tourner au drame ; Alphonse Tanvet. ancien combattant de 14-18, cherchait de l’aide pour les accueillir avec son fusil Mauser, des gens plus sages ont réussi à l’en dissuader.

-Les patrouilles de motards, visitaient les communes pour rechercher les soldats en déroute afin de les désarmer et de les faire prisonniers, aux dires de témoins, un groupe d’une quinzaine de fugitifs, auraient été capturés et désarmés dans le quartier de St Germain/ Ille.
-Les chefs de ces patrouilles prévenaient les autorités municipales de cette façon "nous comptons sur la tranquillité des habitants, des otages en répondraient ".

-Une des premières mesure de l’occupant a été de nous imposer l’heure de l’Europe Centrale, deux heures de décalage avec l’heure solaire.

-Dans les clauses de l’Armistice, la zone occupée, la partie nord, comprend 55% du territoire et 67% de la population, plus l’annexion de l’Alsace Lorraine.
-Les combattants qui ont pu regagner la zone libre ont été démobilisés à partir de la fin août 1940.
Les moins heureux, au nombre de quatre vingt dix, ont été fait prisonniers, certains à proximité de chez eux, comme Louis Touffait. , mécanicien, qui a été pris à Liffré.

-Quelques audacieux planqués en zone occupée, avec la complicité de familles, sont rentrés l’hiver suivant munis de fausses pièces d’identité.
-Sur leurs motos, le casque des soldats allemands les rendait sévères et redoutables ; en tenue de sortie, toujours tirés à quatre épingles, biens coiffés et très polis, ils n’hésitaient à se montrer courtois et prévenants pour gagner la confiance de la population,

-Trois compagnies de soldats allemands ont séjourné à Melesse pendant cette période troublée.
-Le premier détachement de soldats, environ quatre vingt, est resté en poste à Melesse jusqu’au Lundi de Pâques 1941, soit à peu prés neuf mois, bien que très polis, on sentait la poigne de fer dans le gant de velours.

-Les occupants se sont installés dans les écoles, à la ferme de Jean Ledieu., dans la grange d’Alfred Lecoq., et ont construit un hangar sur la place de l’église pour abriter leurs camions.
Ils ont occupé les pièces d’habitation, recensées réquisitionnables dans le bourg et la campagne d’après la loi du 11 juillet 1938.

-En plus des écoles et du presbytère, à peu près vingt familles de Melesse, sur les trente trois logements recensés, ont dû partager leur logement avec des soldats ennemis ; le siège de la kommandatur se trouvait au café Pierre Denais , et dans la maison de Louis lecoq , devenue Mairie par la suite.
C’était assez humiliant de partager l’intimité de son habitation avec des soldats de pays ennemi, mais cette situation était imposée, et les deux camps essayent de vivre cet état de chose, le moins mal possible.

-Nous ignorons les consignes que les occupants ont reçues de leurs supérieurs, mais ils semblent investis d’une mission de pacification avec l’espoir de profiter, au mieux de nos productions agricoles.
-Un soldat alsacien enrôlé dans l’armée allemande par l’annexion de l’Alsace servait d’interprète, il logeait chez Pierre Vassal, mécanicien. Il est revenu à Melesse après la guerre, et serait toujours vivant en 1999.
Un lieutenant nommé Helmut, dit "fil de fer", à cause de sa grande taille et de son maintien rigide, écrivait à ses moments de loisirs, l’histoire de Jeanne d’Arc.

-Les chants et exercices des occupants amusent beaucoup les enfants qui singent leur langage et leurs manœuvres sur la place de l’église.
-Dans les bistrots, les occupants se font préparer à manger, leur façon de se nourrir intriguent parfois, certains se font cuire à la poêle, un lapin de deux kilos qu’ils mangent à deux ou trois, sans pain. Pour une omelette, ils demandent dix œufs par personnes.

-Les bals sont interdits dans tous les lieux publics.
-A Rennes, les troupes allemandes occupent l’hôpital de l’Hôtel-Dieu et l’hôpital civil est transféré à l’hôpital militaire Ambroise Paré.
-Les conscrits de la classe 1940 sont mobilisés en camp de jeunesse.
-Au cours de l’été, des cartes de rationnement sont distribuées, pour le pain d’abord, ensuite pour le savon et le sucre.

-Pour l’aider, les jours de distribution de cartes de ravitaillement, (c’est ainsi qu’on appelait les cartes de rationnement) M. Charles Allaire, le secrétaire de mairie faisait appel à son épouse et à Aimée Lefeuvre.

-Le couvre-feu est interdit aux personnes non munies d’une autorisation, toute circulation entre vingt trois heures et six heures.
Ceux qui sont pris sont généralement embauchés pour cirer des bottes le reste de la nuit.
-Toutes les personnes possédant des armes, y compris les fusils de chasse, doivent les déposer en Mairie sous peine de poursuites sévères.
Les fusils qui n’ont pas été remis ont pour la plupart passé l’occupation dans des caches aménagées dans les murs de terre.

-Pour aider aux travaux des moissons, quelques dizaines de prisonniers français, encadrés de sergents, sont venus travailler à Melesse pendant à peu près deux mois, quelques-uns ont profité de cette demi-liberté pour s’évader.

-Les soldats français réfugiés en zone libre ont tous étés démobilisés en fin d’été 1940.
-Les prisonniers de couleur semblent être indésirables en Allemagne, un nombre important est regroupé au camp de la Marne à Rennes, ils sont employés par les allemands pour décharger les wagons ou d’autres gros travaux.

-Les occupants ont une police de la route très dissuasive, pour les cyclistes, les contraventions coûtent vingt francs et sont dues pour un frein, timbre ou autre équipement défectueux, un vélo sale ou pour deux cyclistes circulant de coté.
Aux adolescents surpris à rouler sans tenir le guidon, ces policiers débarrassent la bicyclette de cet accessoire inutile.
-Les bicyclettes neuves sont réquisitionnées par l’occupant.

-Une monnaie d’occupation est mise en place, sur les pièces, la devise «Travail, Famille, Patrie » a remplacé «Liberté, Egalité, Fraternité ».
-Les soldats allemands fréquentent beaucoup les magasins d’articles féminins où ils achètent surtout des soieries et chaussures de fantaisie pour leur mère, fiancée ou épouse.

-Un soir de cet été 1940 un avion allemand est abattu à Biardel en la Méziére.

-Pour circuler en automobile, il est nécessaire de disposer d’autorisation spéciale, distribuée avec parcimonie, le docteur Gérard, Julien Demais, boulanger, Joseph Bénis commerçant.
Une trentaine des véhicules sont immobilisés dans les garages, mises sur cales et préparés selon les conseils du mécanicien pour passer au mieux cette période difficile.

-A la fin de l’été 1940 le repérage des prisonniers par stalags et oflags(boites postales) permet l’échange du courrier avec les familles.
En octobre, Hitler rencontre le Maréchal Pétain à Montoire, c’est à cette époque qu’une communication est rétablie entre la zone occupée et la zone libre.

-En novembre, la libération, des prisonniers, gros employeurs de main d’œuvre, malades ou père de quatre enfants mineurs est annoncée :
Pierre Barthelemy. 30 ans père de famille exploitant de carrière à la Ville en bois ;
Albert Garnier 22 ans, menuisier, malade ;
Joseph Manceau 35 ans, père de famille, cultivateur, le Clos Jeannette ;
Alphonse Hannier 28 ans, père de famille cantonnier ;
François Rufflé 33 ans, père de famille, cultivateur à la Touche Petite.

-La carte d’identité est obligatoire, et des contrôles existent pour ceux qui sont pris en défaut

-Le préfet en poste à l’époque, est très impopulaire pour les restrictions et mesures qu’il ordonne de façon autoritaire.

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